|
Pour le PS, Nicolas Sarkozy s’est contenté de "faire l'aumône aux plus fragiles" en annonçant une série de mesures sociales anti-crise. "Pirouettes et causettes ne font pas une politique à la hauteur des circonstances", accuse, de son côté, Jean-Luc Mélenchon. Avant les annonces du chef de l’Etat, François Bayrou, pour le Modem, avait dit craindre que ce ne soit là que de nouvelles "promesses".
"C'est presque cent fois moins qu'aux Etats-Unis" : Benoît Hamon, le porte-parole du Parti socialiste, a fait ses comptes, après l'annonce, lors du "sommet social" tenu jeudi à l'Elysée avec les partenaires sociaux, du déblocage d'une enveloppe de 2,6 milliards d'euros pour les "plus modestes". Selon le député européen, le chef de l'Etat a distribué "les restes du banquet des banquiers", allusion aux mesures d'aides de l'Etat pour les banques, et "s'est contenté de faire l'aumône aux plus fragiles."
Le président n'a pas pris la mesure de la crise, accuse encore Benoît Hamon : pour lui, "le président de la République (a) fait son petit plan, face à ce qu'il considère comme une petite crise". Le PS juge, lui, que "la France reste enlisée au terme de ces annonces : rien qui sur le plan économique change quoi que ce soit à la situation qui était celle du pays" et les mesures annoncées vont "soulager un peu les difficultés" mais n'apporteront pas la "justice sociale" réclamée par les socialistes.
POUR LES SYNDICATS
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT: «Il y a eu de la tension et du sport au cours de cette réunion. Je le dis aux salariés, il faut noter la position intransigeante du Medef lors de cette réunion. Il va falloir pousser plus fort en matière d'emploi, de pouvoir d'achat et plus généralement en matière de considération. Bernard Thibault a qualifié les décisions présidentielles de «série de mesures d'accompagnement social à la crise». Rappelant qu'elles avoisinent 2,6 milliards d'euros, il s'est dit «bien obligé de ramener ce chiffre à la somme de 8 milliards d'euros correspondant à la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises». «Nous nous rendrons à la rencontre unitaire de lundi avec l'esprit de travailler à un prochain rendez-vous revendicatif, qui est programmé le 19 mars», a-t-il prévenu.
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT: «L'action syndicale a permis une première inflexion dans la politique gouvernementale. Les quelques mesures annoncées aujourd'hui (...) vont dans ce sens. Mais face à la situation des salariés, les mesures sont insuffisantes». «Comme l'action syndicale commence à payer, la CFDT estime qu'il faut continuer à mettre la pression sur le gouvernement et le patronat. Il faut aller jusqu'à un vrai changement de cap», a-t-il ajouté.
Jean-Claude Mailly, patron de FO: Il a relevé «quelques éléments qui bougent un peu», sur le chômage partiel, la formation et les allègements fiscaux. «Mais c'est beaucoup trop court», a-t-il aussitôt enchaîné, déplorant qu'il y ait «des oubliés». «Nous avons essuyé une fin de non-recevoir sur le Smic et les négociations salariales de branches (...) Pour faire bouger les lignes, il faut maintenir la pression (...) maintenir la journée du 19 mars», a-t-il conclu. |